Expo participative à l’échelle Européenne. NanoDialogue est le titre d’une exposition de taille modeste (
Le principal intérêt de cette expérience visait à questionner « l’opinion publique européenne », avec toute les limites classiques intrinsèques à ce genre de démarche (la manière de poser la question induit la réponse, risque de contresens lors des différents processus de traduction, contexte particulier des Musées de science, …) Ce dernier biais, le contexte de l’étude, a grandement déterminé le profil du public touché (voir slide ci-contre) : plutôt jeune, étudiant et urbain – le public des Centres de Sciences.
Principaux résultats. Il ressort que 20% de l’ensemble des personnes interrogées ont eu connaissance des nanotechnologies par la télévision, 14% par l’école ou l’université et 13% par d’autres médias. 60% des personnes interrogées estiment que dans 20 ans les effets du développements des nanos seront plutôt bénéfiques – contre 3% qui pensent le contraire (voir figure 3 ci-dessous). 62% des personnes interrogées souhaitent que le public soit impliqué dans les décisions politiques concernant les choix technologiques (contre 20% qui ne le souhaite pas, et 18% « ne sait pas »).
Enfin, un peu moins de la moitié (47%) des personnes interrogées sont pour un moratoire sur « la recherche et la commercialisation des nanotechnologies tant que la preuve de leur innocuité n’aura pas été obtenue » (cf figure 4 ci-dessous).
La montagne accouche d’une souris. Au final, ces résultats nous laissent un peu sur notre faim ! Vu la lourdeur du dispositif engagé (dimension européenne oblige), nous aurions aimé avoir plus de surprise dans les résultats ! Néanmoins,
Expo Nano : infiniment petit, maxi défis. Pendant le déroulement du projet NanoDialogue, nous avons aussi conçu et réalisé une autre exposition interactive, plus grande (
Papier, crayon : les outils de
Principaux résultats. L’analyse de ces contributions, ajoutée à celle des questionnaires et des entretiens individuels, a été riche de nombreux enseignements. Brièvement (car nous aurons l’occasion d’y revenir bientôt sur ce blog), il apparaît que les principales attentes sociales vis-à-vis du développement des nanotechnologies concernent les domaines de la santé et de la recherche médicale. Dans une société où l’allongement de la durée de vie est une réalité pour le plus grand nombre, cette attente semble logique.
Second résultat intéressant : la spécificité du site grenoblois. Pour les visiteurs interrogés, les nanos n’ont pas la même signification à Grenoble qu’ailleurs. Ceci confirme la forte dimension territoriale du débat public (on débat de ce qui nous touche de près).
Enfin, à propos de débat public, les visiteurs sont plutôt ambigus. A la fois, ils souhaitent un grand débat public sur le développement des nanotechnologies, mais n’envisagent pas de participer eux-mêmes. Dans leur vision, le débat public est réservé aux experts. De plus, ils disent ne pas vouloir se positionner en « pour » ou « contre » - ils semblent connaître à ce propos les arguments des opposants grenoblois – mais sont plutôt à la recherche d’une recherche « responsable ».
Qu’est-ce que le débat public pour le public ? En conclusion, ces deux expériences ont aussi révélé le fort degré de confiance que les personnes interrogées placent dans les expositions et activités proposées par les Musées et centres de culture scientifique. Ces personnes ont qualifié, en grande majorité, les discours des expositions de « neutres », « pluralistes » et « objectifs ». Ce résultat est important, au moment où de nombreux acteurs publics cherchent à « restaurer la confiance ». Enfin, la question du débat reste problématique. Il semblerait que le public s’en détourne refuse au moment où il est nommé ; de façon paradoxale, les personnes interrogées réclament un débat public dont elles resteraient spectatrices. Voilà une piste à explorer : les représentations du débat public par le public… à suivre ?
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