
A quelques jours du débat public national sur les nanotechnologies à Grenoble, le 1er décembre prochain à Alpes Congrès, nous proposons aux jeunes adultes (18-25) un autre mode d'expression, sur l'un des sujets traités dans ce débat : informatique, nanotechnologies et libertés individuelles. Nous organisons en effet le week-end suivant, les 5 et 6 décembre 2009, un concours de création vidéo en temps limité (48h chrono) sur le thème : "Vivre la ville 2.0" ou comment imaginer la ville de demain à l'épreuve des objets et services issus de la nano-électronique et de la nano-informatique...
Baptisé FUTU, ce concours vidéo s'inscrit dans la réalisation d'une des prochaines expositions de la Casemate, "Futurs en kit". L'idée consiste ainsi à faire participer des jeunes adultes à l'élaboration des contenus et cette expo. Pendant tout le week-end, qui se déroulera en montagne, nous mobilisons des ingénieurs de l'INRIA, une sociologue, un architecte, et un designer (enseignante à l'ENSAD) pour constituer le jury du concours vidéo, et surtout pour accompagner les participants dans l'élaboration de leur scénario. L'objectif est de produire 10 vidéos (1 par équipe) susceptibles d'être diffusées dans l'exposition Futurs en kit. Celles qui seront jugées les 3 meilleures, feront l'objet d'une diffusion à la Cité des Sciences et de l'Industrie, à Paris, le 11 mars 2010, en présence de leurs auteurs.
A nous, simples citoyens, de prendre la main. Car pour parler de ces technologies et de leurs impacts, il faut bien sûr comprendre leur fonctionnement, toute la science et la technologie dont elles sont issues, mais il faut aussi se projeter dans des usages, des pratiques, et des représentations. Il faut les "faire jouer", sortir des sentiers battus des modes d'emploi rédigés par les ingénieurs (modes d'emploi que plus personne ne lit) et s'en emparer, techniquement, pratiquement et symboliquement. Les révéler, les détourner, les transformer. D'où la nécessité que ces nouvelles technologies soient le plus "open source" possible, afin de conserver la plus grande marge de manoeuvre pour l'usager, le citoyen. Dans son ouvrage "The internet of things", (à télécharger ici) Rob van Kranenburg de la Waag Society (Amsterdam) écrit : “Deux voies auront pour résultat moins de dialogue, moins de communication, moins d’innovation, moins d’options durables. La première s’organise autour du contrôle (…) La seconde cherche à masquer la complexité technologique derrière des interfaces utilisateurs toujours plus simples (…) Dans les deux cas, les citoyens ne peuvent pas apprendre comment fonctionner au sein d’un tel système, ce qui ouvre par conséquent toutes sortes de scénarios d’effondrement.”
C'est le point de vue que nous partageons et c'est dans cette perspective que nous vous proposons de contribuer à la réalisation du projet Futurs en kit, en participant à FUTU, concours de création vidéo en temps limité les 5 et 6 décembre prochains. Inscrivez-vous vite en remplissant ce formulaire à télécharger (PDF), quelques places sont encore disponibles !
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FUTURS EN KIT est un projet en partenariat avec la Cité des Sciences et de l'Industrie, réalisé dans le cadre du projet européen NANOYOU (www.nanoyou.eu)
+ d'infos sur www.ccsti-grenoble.org
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Illustration : Projet Moving Catcher proposé par P.Gaudet et S.Leibe, étudiants à l'école supérieure d'architecture de Grenoble, lors d'un atelier (sept-dec 08) sur le thème "révéler les environnements intelligents dans la ville". Lire chronique sur ce blog.
mercredi 25 novembre 2009
Concours vidéo FUTU : imaginez la ville 2.0 !
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Laurent Chicoineau
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lundi 16 novembre 2009
Fête de la science à Grenoble : beau succès du Village des sciences !
Près de 9500 visiteurs (hors scolaires) ont franchi les portes de l'ancien musée-bibliothèque de Grenoble, depuis jeudi 12 novembre 9h jusqu'à hier soir, dimanche 15 novembre à 18h, pour participer aux nombreuses activités proposées par les chercheurs et médiateurs mobilisés pour la 18ème Fête de la science ! Un très bon score de fréquentation, dû en partie à la présence du dôme extérieur, qui abritait la diffusion d'images d'astronomie. Pour la première année en intérieur (jusqu'ici le village des sciences de Grenoble se déroulait place Victor Hugo), le public a donc répondu présent en masse, et si le chiffre total est inférieur à l'an dernier (13000 visiteurs), c'est essentiellement à cause d'une moins grande capacité d'accueil, la qualité de la visite (mesurée notamment par la durée et le nombre de stands visités) étant plus élevée. De quoi donner des idées pour l'an prochain - et pour une utilisation plus ambitieuse de ce splendide bâtiment historique et culturel, dont le potentiel reste à développer...
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La Fête de la science se poursuit partout en Isère et ailleurs jusqu'au 22 novembre. Tout le programme sur : www.ccsti-grenoble.org
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Laurent Chicoineau
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samedi 7 novembre 2009
Vers un Observatoire de la culture scientifique et technique
Les 26 et 27 novembre prochains, l'OCIM organise à Dijon deux journées de réflexion et de lancement d'un futur Observatoire national de la culture scientifique et technique (télécharger le programme définitif). Ce projet, initié par le Ministère de la Recherche, est en maturation depuis plus d'une année. D'un côté, il s'inscrit dans le mouvement profond initié depuis quelques années par la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) puis par la RGPP (révision générale des politiques publiques) dans la perspective de réduire les déficits publics et, si l'on en croit leurs promoteurs politques, "à optimiser les services publics". Concrètement, ceci se traduit par des évaluations tous azimuts de l'utilisation des deniers publics par les services de l'Etat, des collectivités locales et territoriales, mais aussi par tous les établissements publics et les associations qui bénéficient de subventions. Ainsi, nous voilà tous embarqués dans la quantification de nos activités, tentant tant bien que mal à convertir nos exigences de qualité dans la conduite de notre action culturelle en statistiques facilement traitables par n'importe quelle macro de n'importe quel tableur de type Excel. Il nous faut donc produire du critère, et du critère chiffrable - sans quoi, point d'évaluation possible. L'effet pervers de cette louable politique de gestion publique consiste à focaliser sur les questions de type "combien de visiteurs entre 25 et 35 ans les jours de semaine ?" au détriment d'interrogations sur le comment et le pourquoi. Ce projet d'Observatoire de la CSTI participe forcément de ce mouvement, charge à nous, acteurs "de terrain", de l'enrichir et l'amener à constituer un véritable outil de travail, c'est-à-dire un outil de recherche et de développement.
Observer pour quoi faire ? C'est l'autre côté de ce projet : confier sa conception et sa réalisation aux acteurs eux-mêmes, sous pilotage de l'OCIM. Au-delà de la tactique classique d'acceptabilité (les chaînes sont plus faciles à accepter si vous les fabriquez vous-mêmes), nous devons saisir l'opportunité de la création de cet Observatoire pour consolider nos structures culturelles et faire mieux reconnaître leur rôle et leur impact : sur les publics, les territoires, et leur développement raisonné et durable. Pour ce faire, nous ne pourrons éviter de revenir une nouvelle fois sur la définition de la "culture scientifique et technique" (notons l'absence du "i" de industrielle ou de innovation dans l'intitulé de ce projet) afin de donner un sens à l'observation (qu'est-ce qu'on observe ? des actions ? des acteurs ? des publics ?). Nous devrons surtout nous adosser de manière plus affirmée à une recherche spécifique. En cela, l'Observatoire des Politiques Culturelles (OPC), fondé à Grenoble il y a tout juste 20 ans, constitue un modèle vertueux. Adossé à la recherche en sciences sociales et sciences politiques de l'Université de Grenoble depuis son origine, l'OPC mène des activités d'études et de recherche-action dans son champ d'activité, au bénéfice des chercheurs bien sûr mais aussi des acteurs locaux et nationaux des politiques culturelles. Un tel modèle devrait nous inspirer pour la création d'un Observatoire de la CST, afin de ne pas rester au niveau de la seule "mise en critère" de notre activité, mais bien pour rendre compte de son ampleur et de sa complexité, et contribuer à une réflexion prospective qui fait tant défaut dans notre domaine. Il se trouve qu'il existe en Rhône-Alpes un réseau de recherche pluridisciplinaire spécialisée sur l'étude des enjeux et représentations des sciences, des techniques et de leurs usages : le Cluster 14. Coordonné par Joëlle Le Marec (ENS-LSH), avec l'historien des sciences Dominique Pestre comme conseiller scientifique, ce réseau de chercheurs organise ses secondes Rencontres Annuelles du 16 au 18 novembre prochain (voir programme) à Lyon. Des contacts ont déjà été tissés par l'OCIM avec le Cluster 14 ; ils pourraient déboucher sur une expérimentation à l'échelle des deux régions (Bourgogne et Rhône-Alpes).
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Liens utiles :
www.ocim.fr
Cluster 14 : http://erstu.ens-lsh.fr/
Observatoire des politiques culturelles : www.observatoire-culture.net
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Laurent Chicoineau
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mardi 27 octobre 2009
La Casemate barbouillée par le collectif Débat Citoyen
Lundi 26 octobre au matin, nous découvrons en arrivant à la Casemate des jets de peinture balafrant la porte d'entrée (voir photo ci-dessus) ainsi qu'un tract "justifiant" cette action. "Nous visons le Centre de Culture scientifique technique et industrielle car c'est un symbole de la campagne d'acceptabilisation des nanotechnologies et de leurs applications" peut-on lire dès la première phrase (voir texte complet ici). S'ensuit la dénonciation de l'actuel débat public national sur les nanotechnologies comme une "tentative navrante d'empêcher une mobilisation populaire d'ampleur" puis, pèle-mêle, la mise en cause de la philosophie scientiste du Progrès, des applications militaires ou liberticides des nanotechnologies, de leur contribution à la société de consommation, et enfin du complot politico-industriel pour "transformer l'opinion publique". Ce tract, signé par un mystérieux "collectif Débat Citoyen" se conclue par un curieux mélange d'excuses menaçantes : "si nous projetons de la peinture sur le CCSTI, ce n'est pas pour porter préjudice à qui que ce soit, mais bien pour visibiliser ceux qui nous imposent leur vision du monde. Nous frapperons chaque fois que nous serons pris pour des cons. C'est-à-dire souvent." Curieuse façon de défendre, par la violence, la démocratie dont un collectif pour le "Débat Citoyen" doit forcément se prévaloir...
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Laurent Chicoineau
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vendredi 23 octobre 2009
NANOYOU : que pensent les jeunes des nanos ?
Ça y est ! Nous venons de mettre en ligne la version francophone d’une grande enquête sur les représentations et attentes des jeunes européens (11-25 ans) à propos des nanotechnologies. En cette période de grand débat public national en France, où les discussions ne se déroulent pas sans heurts ni tensions (une bouteille d'ammoniac a même été jetée sur la scène lors de la séance publique à Toulouse), nous entrons enfin dans la phase opérationnelle des projets de médiation des nano financés par le 7ème programme cadre de la Commission Européenne. Pour nous, au CCSTI Grenoble, il s’agit des projets NANOYOU et TIME4NANO. L’enquête que nous venons de mettre en ligne s’inscrit dans le projet NANOYOU. Elle s’adresse directement aux jeunes de 11 à 25 ans, et elle constitue un bon moyen d’apprendre et de tester ses connaissances en la matière ! Evidemment, les enseignants, les parents, les journalistes, les éducateurs peuvent s’en emparer pour la critiquer et amplifier sa diffusion.
Le grand public, ou le mythe de l’Atlantide. Ces projets visent une diffusion la plus large possible afin de toucher ce qu’on continue d’appeler « le grand public ». Cependant, à en croire un nombre croissant d’analystes de nos faits sociaux, cette notion de « grand public » ne serait qu’un mythe, une idée fausse étonnamment résistante (on en connaît d’autres) que les sociologues réfutent aujourd’hui à longueur de publication. C’est vrai, nous en faisons aussi le constat dans l’action culturelle, il n’y a pas « un » public mais « des » publics – une sorte d’élévation au carré d’un terme signifiant déjà un pluriel. C’est ainsi que nous avons, avec des collègues de 6 autres pays, focalisé sur le public des jeunes – ou plutôt, « les publics » des jeunes. Car les jeunes aussi ont droit à être différenciés. Néanmoins, l’idée derrière est bien, via ces publics, de concerner le plus grand nombre de citoyens européens. Car même si « le grand public » n’existe pas (et c’est tant mieux, il était temps de casser cette idée d’une masse d’individus agissant et réagissant de la même manière, comme une espère d’armée rouge de citoyens), il n’empêche que nouer un vaste dialogue avec le plus grand nombre d’individus, en respectant et comprenant les enjeux des multiples groupes auxquels ils appartiennent ou dont ils s’inspirent, reste un défi majeur de nos démocraties occidentales…
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Pour participer à la version française de l'enquête NANOYOU : www.nanoyou.eu
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Laurent Chicoineau
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