dimanche 5 janvier 2014

Quelles tendances pour la culture scientifique en 2014 ? (1/3)

Le démarrage d’une nouvelle année (et les congés qui vont souvent avec) donne l’occasion de prendre un peu de distance par-rapport à son activité quotidienne et de s’interroger, par exemple, sur les grandes tendances qu’on décèle pour les mois à venir. Ambitieux programme un poil présomptueux, l’exercice de la prospective vise à ouvrir la discussion avec vous plutôt qu’à asséner des vérités que l’avenir se chargera de déconstruire…

Premier épisode : les tendances décelées par Google. Je tape 3 mots-clés dans l’outil Google Trends : CCSTI, Fablab, art et science. Bien sûr, ce sont les sujets qui m’intéressent et dont nous reparlerons par la suite. Surprise ! Sur la période de janvier 2004 à décembre 2013, pour la zone France, on observe une chute assez sévère de l’intérêt pour la recherche de « CCSTI » de 2004 à 2009, puis une stabilisation environ au dixième de l’intérêt pour cette recherche de 2009 à 2013 (voir schéma ci-après). L’intérêt pour la recherche sur « art et science » démarre, toujours selon Google, seulement en novembre 2007, et suit environ le même régime que « CCSTI » pour les années suivantes, c’est-à-dire, un intérêt (très) faible.



Comparativement, l’intérêt pour le sujet « Fablab », inexistant (pour Google) jusqu’en janvier 2011, connaît un succès inverse à « CCSTI » et s’envole littéralement à partir de juillet 2012 pour atteindre, de façon quasi symétrique et en l’espace d’une année, les mêmes sommets que « CCSTI » de juin 2004 en novembre 2013 (sûrement l’effet de l’annonce des résultats de l’appel à projet national lancé par Fleur Pellerin). Que conclure, pour 2014, d’un tel graphique ?

Vraisemblablement pas grand chose (même la fonction « prévisions » de Google reste inactive). Surtout si on tente de comprendre ce que signifient les chiffres proposés par Google Trends (en gros un pourcentage relatif au nombre de recherche le plus élevé sur la période considérée – si vous n’avez rien compris, n’hésitez pas à lire les explications proposées par Google). En même temps, la répartition géographique me pose question : est-ce parce que je suis en Rhône-Alpes que cette région apparaît en tête des recherches (pour « CCSTI » et « Art et science ») ? Un rapide coup d’œil à l’onglet « fablab » place les régions Midi-Pyrénées et Bretagne devant Rhône-Alpes, ce qui me semble traduire une certaine réalité avec le fablab Artilect à Toulouse et toutes les actions de ScienceAnimation sur la région, ou encore le dynamisme breton en la matière porté par Rennes (entre autres).


Pas grand-chose à se mettre sous la dent donc, via Google Industries, si ce n’est d’une part la confirmation pour un intérêt récent et exponentiel pour les Fablabs (mode passagère ?) et, d’autre part, le relatif désintérêt pour la marque « CCSTI », abandonnée, il faut le souligner, par nombre de structures très dynamiques par ailleurs (CapSciences, Relais d’science, Exploradome, etc.) au profit de l’appellation « centre de science » (traduction littérale de l’anglais international Science Centre).

Et ailleurs, en Europe ?


Il faudra attendre mai 2014 et la prochaine conférence annuelle du réseau européen ECSITE pour en savoir plus sur les tendances dans notre domaine à l’échelle internationale. En effet, depuis plusieurs mois, au sein du comité de programme de cette conférence, nous avons lancé un groupe de travail sur les tendances de la culture et de la communication publiques des sciences et des innovations, en association avec le projet européen PLACES. Des chercheurs de l’université de Dublin nous accompagnent pour analyser, à partir des contenus des conférences annuelles ECSITE et de celles du réseau PCST (Public Communication on Science and Technology - un réseau international de chercheurs sur la CSTI), les principales dimensions de nos actions. Sans dévoiler ce qui sera discuté au Museon à La Haye (Pays-Bas) en mai prochain, on peut dire qu’une des grandes tendances de ces dix dernière années consiste à travailler du côté de la participation et de l’engagement des publics dans les actions de CSTI plutôt que de rester, de manière classique, sur les notions d’éducation (y compris informelle) aux sciences… Il semblerait que le « tournant de la participation » diagnostiqué par les science studies dans les années 90 diffuse – enfin ? – dans le monde de la culture scientifique.

2014, année de la participation ? de la co-construction de la culture scientifique avec les publics ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

*** à suivre : quelles tendances pour arts et sciences en 2014 ? ***

PS : pour patienter jusqu'en mai et participer à la 25ème conférence annuelle ECSITE, Maarten Okkersen et son équipe du Museon ont eu l'idée amusante de publier chaque semaine une vidéo à base d'interviews des participants de la conférence de 2013. Ces vidéos sont diffusées sur le site de ECSITE pendant les 25 semaines précédents la conférence (exemple ci-dessous). Enjoy :)

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