samedi 31 janvier 2009

L'aventure du "i" des CCSTI

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Ci-dessus le support de mon intervention aux récentes Assises du réseau romand Sciences et Cité, les 29 et 30 janvier 2009 à l'Université de Neuchâtel. J'étais invité à participer à l'atelier "Politiques muséales : quel soutien à la culture scientifique ?", animé par Christophe Dufour, conservateur de l'excellent Muséum de Neuchâtel. Sommairement, j'ai rappelé qu'à sa création, en 1979, le CCSTI Grenoble ne s'appelait "que" Centre Culturel Scientifique et Technique. Le "i" pour "industriel" n'est venu que dans les années 80 (comme l'a confirmé l'un des pères fondateurs des CCSTI, André Desvallées, également participant à ces Assises). Depuis, le "i" a glissé vers "innovation" - conforté récemment dans cette direction par la création du nouveau label "Sciences et culture, innovation", par le ministère de la recherche français. A Grenoble, nous l'interprêtons aussi en "imaginaire", avec les "Rencontres i" biennale Arts Sciences Entreprises. Enfin, en conclusion, je propose d'oublier le "i" pour un "c" comme "contemporaine", et passer de CCSTI à CCCG (ou C3G) : Centre de Culture Contemporaine de Grenoble - clin d'oeil appuyé à une célèbre institution de Barcelone, le CCCB. Est-ce que ce ne serait pas le meilleur moyen d'affirmer que les sciences, les techniques, et les innovations font partie intégrante de notre culture d'aujourd'hui ?

Un livre blanc reprenant les interventions principales de ces assises, ainsi qu'une liste de propositions ou recommandations à destination des pouvoirs publics Suisses, devrait être publié dans les mois qui viennent. Etant donné les nombreux points communs que nous partageons avec nos collègues romands, nul doute que ce livre blanc pourra aussi nous servir vis-à-vis de nos divers interlocuteurs en France. A suivre...

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Site web des Assises : http://www.rezoscience.ch/rp/sc/assises.html

jeudi 22 janvier 2009

Art et Math dialoguent au Laboratoire

Galerie d'art contemporain exclusivement dédiée aux projets "Arts-sciences", le Laboratoire a présenté jusqu'au 12 janvier 2009 le fruit d'une collaboration entre l'artiste japonais Ryoji Ikeda et le mathématicien américain Benedict Gross. Intitulée énigmatiquement "V≠L", cette exposition est construite autour d'oeuvres "où la définition du sublime s'accorde à l'immatérialité de l'infini" si l'on en croit le très complet dossier de presse réalisé par l'équipe du Laboratoire pour l'occasion.

Décryptage. "V" renvoie à l'univers de von Neumann, et "L" à celui de Gödel. "L'égalité ou l'inégalité de ces deux univers est un point contesté, et la position adoptée selon qu'on considère que V=L ou que V≠L en dit long sur la philosophie des mathématiques sous-jacentes. Si V≠L, alors tous les ensembles de nombres ne sont pas constructibles. La levée de cette restriction permet en revanche l'inclusion de nombres allant presque au-delà des limites de l'entendement humain. Davantage qu'une simple équation mathématique, l'expression V≠L inspire la contemplation de ce que nous ne pouvons pas percevoir et peut amener à une expérience transcendante du sublime." Voilà pour l'explication... de quoi laisser rêveur, même à la nième lecture ! Du point de vue artistique, cela se présente comme de grands tableaux de millions de chiffres minuscules (voir image ci-dessus) qui constituent l'écriture complète d'un nombre premier ou d'un nombre aléatoire. Ce qui m'a semblé remarquable dans cette exposition, c'est justement le "hors exposition", l'espace "médiathèque" qui jouxte la salle d'expo et qui donne, à travers plusieurs dispositifs de médiation, les clés de ce travail - sans pour autant le désenchanter !
Enfin une galerie d'art qui s'investit dans la médiation culturelle ! Sur le plan griffonné sur mon carnet (reproduit ci-dessus), on distingue les différents modes de médiation mis en scène dans cette médiathèque - dont tous les ouvrages, films et documents sont consacrés au travail des artistes présentés. Interviews, commentaires de Caroline Naphegyi la commissaire artistique, et de David Edwards, le fondateur du Laboratoire et du concept "Artscience", cours de math en vidéo, glossaire interactif, revues de presse, et surtout mur imprimé de la correspondance électronique de l'artiste et du scientifique, éclairent de façon lumineuse les œuvres exposées dans la salle d'à côté. Ce que nous avons tenté, à Grenoble, de réaliser lors de l'exposition InQuiétudes de l'artiste brésilienne Régina Trindade sans vraiment y parvenir, est en marche au Laboratoire, 4 rue du Bouloi, dans le 1er arrondissement à Paris. Sans pédagogisme. Sans désenchantement. En nous donnant accès aux échanges, réflexions, doutes et enthousiasmes (partagés ou non) d'un artiste et d'un scientifique pendant les quelques mois qui ont précédé l'ouverture de l'exposition, cette galerie va plus loin que simplement donner à voir ; elle permet d'approcher le (les?) processus de création. Une expérience dont de nombreux musées ou centres d'art contemporain devraient bien s'inspirer...
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www.lelaboratoire.org

mercredi 14 janvier 2009

Le CEA se met au Manga

La direction de la communication du CEA vient de publier son premier manga ! Intitulé "Destination Monju", ce court récit de quelques pages est édité à l'occasion du 150è anniversaire des relations franco-japonaises. Réalisée par l'agence de communication Corporate Fiction, spécialisée dans la communication par la BD (elle a d'ailleurs reçu le prix de la communication du Festival de la BD d'Angoulème en 2005 pour son album "24 heures sous tension" pour les laboratoires Pfizer), cette BD est un véritable manga, qui se lit dans le sens non occidental, c'est-à-dire en commençant par ce que, nous, occidentaux, appelons la fin.

"L'histoire" peut se résumer en quelques lignes. Suite à l'arrêt de la centrale Phénix de Marcoule en 2009, un chercheur français émigre au Japon avec sa famille pour travailler à la centrale de Monju. La préparation du voyage et l'arrivée au Japon sont l'occasion de quelques saynètes cocasses et surtout de la diffusion de messages sur l'intérêt de l'énergie nucléaire dans le contexte actuel de réchauffement climatique... Cette initiative de la Dir Com du CEA fait penser à la série Manga Science, dont le dernier volume traduit en Français chez PIKA Editions, intitulé tout simplement : "La vie et la technologie" ne déparerait pas dans cette stratégie communicationnelle. Il faut rappeler que le CEA n'en est pas à son coup d'essai, en matière de communication par la BD, puisqu'il y a quelques années, il avait déjà publié un album sur les neutrons, diffusé lors d'une Fête de la science.

Que vise le CEA à travers cette stratégie de communication ? Envoyé au fichier de chercheurs, d'étudiants, de journalistes et de partenaires abonnés à la très sérieuse publication "Les défis du CEA", on peut se demander ce que ces destinataires vont faire de ce petit manga. Si ce n'est le donner à ses enfants, neveux, et autres jeunes cousins ! Et c'est précisément là, l'enjeu de cette stratégie de communication : toucher les jeunes pour les mobiliser sur les métiers et les carrières scientifiques, et créer du dialogue (voire du débat) entre jeunes et adultes autour de ces questions. Une stratégie déclinée dans la rubrique "Jeunes" du web du CEA, ou dans des partenariats avec la Cité des Sciences et de l'Industrie par exemple, pour l'exposition "Grand récit de l'univers" (voir quelques images sur Flickr). Il serait intéressant de connaître les résultats des évaluations que le CEA ne doit pas manquer de conduire sur sa stratégie...

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Toutes les illustrations sont extraites de Destination Monju.

jeudi 1 janvier 2009

2009 : le CCSTI Grenoble fête ses 30 ans !

En 2009, le Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle de Grenoble fête ses 30 ans ! Créé à l'initiative de représentants des universités, des collectivités locales, et d'organismes de recherche, le CCST de Grenoble - à l'époque le "i" pour "industrie" n'avait pas encore été ajouté - initiait le début d'une série constituée aujourd'hui d'une quarantaine de centres, répartis sur l'ensemble du territoire national, y compris la France d'outre-mer.

Effervescentes années 70. L’histoire du CCSTI de Grenoble trouve son origine dans celle de la Maison de la culture de la ville, ouverte en 1968, juste après les Jeux Olympiques d’hiver. A l’époque, on ne parle pas de médiation scientifique mais de popularisation des sciences. L’inspiration est clairement d’éducation populaire : il s’agit de mettre en œuvre un plan d’action culturelle pour diffuser la culture scientifique et technique au plus grand nombre. Cette dynamique dépasse le cadre local et trouve ses ramifications dans des créations d’organismes qui vont se succéder au cours des années 1970-1980 : le GLACS, le groupe de liaison pour l’action culturelle scientifique ; l’AMCSTI , l’Association française pour les professionnels des Musées et des Centres de Culture Scientifique Technique et Industrielle ; la Cité des Sciences et de l’Industrie, dont le premier directeur du CCST Grenoble fut ensuite le directeur général adjoint pendant 10 ans ; et enfin le réseau Rhône-Alpes des CCSTI.

30 ans, et après ? Au-delà du nombre cumulé des publics accueillis, des partenaires mobilisés, des expositions, ateliers, conférences débats, événements culturels en tout genre organisés, cette histoire peut aussi se lire dans la dynamique régionale que le CCSTI Grenoble a contribué à créer, dans ses collaborations internationales, et dans les approches transversales et pluridisciplinaires qu’il promeut aujourd’hui. De plus, afin d’éclairer les nouvelles pistes à parcourir, le CCSTI Grenoble a mis en place, dans la saison 2007-2008, un comité de prospective. Composé de personnalités locales et nationales, représentants les principaux interlocuteurs du centre (université, industrie, recherche, culture), ce comité a travaillé durant une année à un renouvellement du positionnement du CCSTI à Grenoble (voir compte-rendu de ses travaux sur ce blog).


Opération Campus. Enfin, cette volonté d’articuler de manière stratégique et durable passé, présent et futur se retrouve en cette début d’année 2009 avec le projet Opération Campus. En effet, Grenoble compte parmi les 6 premières villes universitaires françaises qui ont été sélectionnées par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche pour devenir un campus d’excellence de visibilité mondiale. Grenoble université de l’innovation est le nom de ce projet à la fois local et mondial qui, au-delà du financement de la rénovation du bâti universitaire, pose la question du rapport entre sciences et société, en affirmant clairement que la finalité des recherches scientifiques consiste à soutenir le développement socioéconomique. Dans cette reconfiguration des institutions de production de savoir et d’innovation, un CCSTI ne peut rester immobile. Il doit repenser son rôle et ses modes de fonctionnement, tout en garantissant sa fonction sociale de soutien à la démocratie. Il peut, par exemple, contribuer à renforcer la transversalité nécessaire entre les territoires, les institutions, les publics et les thématiques de recherche et développement. Pour ce faire, il lui faut renouveler et consolider ses liens avec l’Université – au risque de se découpler de la science en train de se faire, de se couper des enjeux contemporains, et de s’enfermer dans une logique de gestionnaire d’équipement de tourisme et de loisir.

C’est dans ce contexte historique, territorial, et stratégique que le CCSTI Grenoble vous invite à venir fêter ses 30 premières années, comme une opportunité pour inventer les pratiques de demain. Excellente année 2009 à toutes et à tous, et à très bientôt sur ce blog, à la Casemate, et un peu partout à Grenoble et en Isère pour de nouvelles aventures ;-)

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Illustrations de Georges Weysand.