mercredi 22 octobre 2008

Souriez, vous êtes désidentifiés !

Le département informatique de l'Université de Columbia (USA) a présenté au dernier salon SIGGRAPH, en Août dernier, un logiciel étonnant permettant de changer automatiquement les visages des personnes prises en photo. Finis les floutés disgracieux ou les scènes avec des personnages de dos ou dans l'obscurité - et surtout finie la diffusion sur internet d'images d'individus prises à leur insu. Présenté comme un outil efficace pour la protection de la vie privée, ce logiciel répond au doux nom de "face swapping" mais n'est, à ma connaissance, pas encore accessible à tous. L'exemple ci-dessus illustre la fonction de "désidentification" (de-identification). L'image du haut est l'image de référence (un groupe de 4 copains pris en photo dans une soirée). Elle est alors passée à la moulinette du logiciel pour donner automatiquement l'image du bas, construite à partir d'un "stock" de visages standards... Impossible de reconnaître ensuite les individus ; peu importe donc si, dans 20 ans, quelqu'un s'amuse à ressortir cette image pour tenter de faire pression sur l'un des sujets photographiés. Voici donc un système qui permettrait de garantir ce fameux "droit à l'oubli" qu'Alex Türk, Président de la CNIL, évoquait dans une récente interview accordée au journal Télérama.

Cette technique appartient à la famille des techniques "d'obfuscation" nous apprend Daniel Kaplan dans Internet Actu.net. Des outils dont Google serait aussi à la recherche, car son application "Street View", qui permet de découvrir des photos prises dans la rue à 360° dans plusieurs grandes villes, rencontre une certaine hostilité, notamment en Europe. En effet, si Street View permet de voir les rues, elle permet aussi de voir avec précision les gens qui s'y promènent et ce qu'ils y font. Le Face swapping rendrait l'anonymat aux passants photographiés à leur insu... et éviterait pas mal de problèmes juridiques à Google.

Voici un exemple parmi d'autres d'une réponse technologique à une question technologique ;-) Certains pourront y lire l'absurdité ou la schizophrénie de notre époque (cette technologie rappelle furieusement celle du "complet brouillé", imaginée il y a 30 ans par Philip K. Dick dans "Substance mort", roman halluciné où des individus sont "désidentifiés" par un costume qui brouille leur image par diffusion permanente d'images d'autres individus). En tous les cas, cette question des libertés individuelles à l'épreuve des réseaux numériques et des "environnements intelligents" sera au cœur d'une de nos prochaines expositions, prévue pour 2010, dans le projet européen NanoYou. A suivre !...

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Via InternetActu, Quand les technologies de l'Artefact nous submergeront.

vendredi 17 octobre 2008

Fête de la science ?

Lu dans le rapport de stage d'une étudiante en 2ème année de Master Communication Scientifique et Technique de l'Université Stendhal à Grenoble :

"La France voudrait former, dans tous les domaines, des chercheurs renommés et faisant de grandes découvertes, pour afficher un certain prestige. Elle encourage donc toute démarche de séduction vis-à-vis des enfants (et futurs étudiants). Cependant, elle n'attribue aucune priorité budgétaire à ces questions. Dans un contexte politique où le prestige scientifique et la compétition technologique entre états est si grande, pourquoi les institutions de diffusion de la culture scientifique et technique ainsi que les établissements publics de recherche, notamment les universités, ont-ils de plus en plus de mal à "s'en sortir" financièrement ? Certaines filières sont-elles délaissées au profit d'autres ou est-ce un désintérêt total de la recherche par les instances gouvernementales ? Bien que les discours prônent les découvertes scientifiques, pourquoi constate-t-on une baisse des budgets dans ces domaines ? Les savoirs devraient-ils rester la seule propriété de quelques savants ? N'est-ce pas contradictoire d'encourager la Fête de la Science d'un côté et réduire toutes les dépenses de diffusion des connaissance de l'autre ?"

Cette année, la Fête de la science se déroulera du 14 au 23 novembre.

jeudi 9 octobre 2008

Conférence Annuelle ECSITE 2009

La 20ème conférence annuelle du réseau européen ECSITE qui fédère près de 350 organismes et institutions impliquées dans la culture scientifique : musées de science, CCSTI (ou "science centre"), associations, universités, organismes de recherche, se déroulera du 4 au 6 juin 2009 à Milan, au Musée national des sciences et techniques Leonardo da Vinci. Le thème choisi pour ce 20ème congrès est : "ECSITE 2.0 R/evolution/s" - tout un programme auquel tout acteur en Europe mobilisé sur les interactions entre sciences et sociétés peut contribuer. Vous avez jusqu'au 15 octobre 2008 pour soumettre une contribution directement en ligne. J'aurais le plaisir d'animer une session autour de la thématique "nano" avec mes collègues de la Città Della Scienza de Naples, du Deutsches Museum de Munich et de la Commission Européenne. Ce sera l'occasion pour nous de présenter de nouveaux projets financés par l'Europe : Time for nano, Nano to touch, ou encore Nanoyou. Rendez-vous à Milan en Juin prochain !
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Site web de la Conférence : ECSITE Annual Conference

lundi 6 octobre 2008

Scénarios prospectifs pour CCSTI 2.0

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Le 2 octobre dernier s'est déroulée à la Casemate, lors d'un conseil d'administration élargi, la présentation des 4 scénarios (voir ci-dessus) issus des travaux du comité de prospective mis en place en 2007 [lire sur ce blog le compte-rendu de sa première réunion]. Réalisés selon la démarche classique : diagnostic forces/faiblesses, identification des enjeux au futur, évaluation des capacités de réaction, et création de nouveaux axes de positionnement, ces 4 scénarios ont fait l'objet d'un débat finalement assez consensuel dans une assemblée d'environ 40 participants, administrateurs du CCSTI Grenoble ou non.

Dépasser le "long fleuve tranquille". Débat consensuel car, comme l'a fait remarqué Yves Le Bars, membre du comité de prospective, ces scénarios sont "plutôt cumulatifs et non alternatifs". A ses yeux, le principal problème du CCSTI Grenoble est un problème de lieu. "Lorsque j'ai fait mon pot de départ au début des années 80 [YLB travaillait dans l'équipe municipale dirigée par Hubert Dubedout], le CCSTI était déjà dans ces casemates. Il est clair que le renouvellement qu'il cherche aujourd'hui passe par une libération de cet espace trop contraint." Vieux serpent de mer dans le "long fleuve tranquille" du CCSTI Grenoble, la question du lieu est à étudier dorénavant dans la perspective de "Grenoble Université de l'innovation" - du nom de la réponse de la communauté universitaire et scientifique locale à l'appel à projets "opération campus" lancé par le Ministère de la recherche avant l'été. Si les réponses restent encore à construire, tous s'accordent sur le constat et sur la dynamique d'innovation du CCSTI. "Le public est prêt à ce que ça change" a assuré Marie-Sylvie Poli, chercheur en muséologie associée au CCSTI Grenoble et membre de son comité de prospective, "il n'y a pas de frein, au contraire : il y a des attentes." D'où l'intérêt manifesté par l'ensemble des participants pour les scénarios 3 et 4 "créateur d'expériences" et "producteur de savoirs".

Renouer avec le monde universitaire. "Comment mettre en oeuvre ces scénarios ? Qu'en pensent les financeurs ?" a demandé, réaliste, Jacques Joyard, biologiste et membre du comité de prospective. "Il va falloir les mobiliser pour qu'ils puissent s'en saisir" a répondu Morad Bachir Chérif, adjoint au Maire de Grenoble, en charge de la culture scientifique technique et industrielle. Dans un contexte budgétaire fragile, restent à identifier de nouvelles sources de financement. Mentionnée à plusieurs reprises comme peu présente dans les scénarios, la dimension "internationale" pourrait constituer une piste... "A sa création en 1979, le CCSTI représentait une innovation majeure dans l'action culturelle de popularisation des sciences" a rappelé Alain Némoz, président fondateur de l'association et physicien grenoblois. "Il faut maintenant passer à une seconde étape innovante qui nécessite de refléchir sur l'évolution de l'institutionnalisation de l'organisme. Issu du monde universitaire et scientifique, il s'en est peu à peu détaché, dans un mouvement de professionnalisation et d'autonomisation. Aujourd'hui, tout l'enjeu pour le CCSTI Grenoble consiste à renouer en profondeur avec le monde universitaire et scientifique, sans y être absorbé, ni envahi par des pratiques d'une époque révolue." a-t-il conclu. On ne saurait dire mieux.

A suivre...

mercredi 1 octobre 2008

Le CCSTI Grenoble sur Netvibes !


Nous lançons cette semaine notre "Univers CCSTI Grenoble La Casemate" sur Netvibes - agrégateur de news pour les spécialistes. En fait, il s'agit d'un service gratuit en ligne qui permet de regrouper (d'agréger) des flux RSS [voir définition sur wikipedia] de différentes origines sur la même page web. Ces flux, ou fils d'information, permettent de suivre les actualités publiées sur des sites web sans être obligé d'aller visiter chaque site. C'est très pratique pour exercer une veille régulière sur plusieurs sources en même temps ! Un agrégateur fonctionne grâce à des petits programmes qui vont récupérer les infos sur chaque site, puis le logiciel Netvibes permet de les afficher très facilement.

Au sommaire de notre univers, 6 pages thématiques regroupant près de 600 liens mis à jour et publiés automatiquement ! Vous trouverez une page regroupant l'ensemble des publications en ligne du CCSTI Grenoble (dont ce modeste blog), une autre consacrée au réseau Rhône-Alpes des CCSTI, 3 pages dédiées à la veille (nano et société, institutionnel, associations sciences/société) et une page orientée sur les études sur les sciences en société (avec par exemple les news du Cluster 14).

A consommer et recommander sans modération !
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http://www.netvibes.com/ccsti-grenoble#CCSTI_Grenoble